jeudi 10 octobre 2013

4, puis 5, et à nouveau 4.... aller de l'avant en comptant à rebours...

Ce 3ème enfant je l'imagine depuis mes années lycée.
3 enfants, la fratrie idéale à mes yeux. Une petite tribu, une équipe.
Jamais je n'ai envisagé ma famille autrement.
Excepté pendant les contractions précédent la naissance de la loupiotte et pendant lesquelles je jurais-crachais que cet enfant qui essayait de sortir à coups de marteau resterait enfant unique.

3 enfants c'est le nombre que j'imaginais quand le livret de famille nous a été remis lors de notre mariage.
3 enfants et une chambre pour chacun d'eux, c'est qui me trottait dans la tête quand j'ai élaboré les plans de notre maison.
3 enfants ou le sentiment de rester incomplète, c'est ce que je vous racontais dans un billet pas si vieux que ça.

Si vous lisez mes quelques publications facebook vous savez déjà que ce chiffre 2 a failli se concrétiser.
Fin juillet j'annonçais que notre famille allait s'agrandir dans quelques mois.
Fin août j'annonçais que c'était fini. Fausse-couche.

Celle-ci a été beaucoup mois douloureuse que la précédente. Parce qu'arrivée plus tôt et parce que 10 jours de petites pertes, puis de saignements m'avaient permis d'envisager cette finalité. Ce qui ne m'avait pas empêchée, à certains moments, de faire l'autruche et de faire comme si tout était normal.

J'ai pleuré, analysé, me suis résignée, détachée, j'ai re-pleuré.
J'avoue que depuis je ne sais pas trop où j'en suis.

Je ne suis pas triste, sauf quand je commence à me dire "et si la grossesse avait continué..." et que j'imagine le stade où j'en serai, les préparatifs, les sentiments liés à la grossesse, l'annonce, etc... Je sais qu'il ne faut pas faire ça. Mais je n'y peux rien. J'entends parler de bébé et en un instant toutes ces images, ces odeurs, ces sentiments défilent. Et à chaque fois que je croise une femme enceinte, j'ai un gros pincement au coeur.


Vous allez me dire que ce n'est que partie remise. A vrai dire je n'en sais rien.
Je ne suis plus certaine de vouloir un 3ème enfant.

Je ne sais pas pourquoi pendant cette grossesse j'ai eu très peur. Des poussées d'angoisse en pleine nuit à me dire que j'avais été folle d'avoir souhaité cette 3ème grossesse. Qu'on était heureux à 4 et que je risquais de tout foutre en l'air avec ce bébé. Qu'un accouchement ça n'était pas anodin et qu'il pouvait arriver quelque chose au bébé, ou à moi, ou à nous deux.
Et puis il y a toujours ce risque d'avoir un enfant malade ou handicapé.
Pourquoi demander plus alors qu'on a tout pour être heureux?

Dans ces moments-là je n'arrivais pas du tout à me raisonner. J'avais l'impression de jouer à la roulette russe. De tenter le diable. La panique. J'en étais même venue à me dire, bien avant que les pertes commencent, que si cette grossesse évoluerait en fausse-couche je n'essayerai plus d'être enceinte.

Je ne comprends pas comment, alors que je désirais tant cet enfant et que j'envisageais une 3ème grossesse avec la sérénité la plus totale, je me suis retrouvée rongée par l'angoisse dès que j'ai compris que j'étais enceinte. Passer la toute 1ere écho m'avait pourtant un peu rassurée.

La journée ces peurs s'atténuaient, me laissant me projeter dans cette vie à 5. Je regardais les catalogues de papier peint pour la future chambre, je commençais à réfléchir  à des prénoms au cas où il s'agisse ENCORE d'une fille, à organiser mon planning professionnel en fonction du long congé maternité qui m'attendait.

Quand le verdict est tombé je me suis sentie à la fois complètement désemparée et soulagée.
Soulagée parce que je n'avais plus l'impression de jouer avec le feu.
Désemparée parce que je désirais ce bébé.

C'est la 1ere fois que je fais face à autant d'ambiguité.

J'ai commencé à écrire cet article il y a plus d'un mois. Et aujourd'hui je ne sais toujours pas. Je suis moins catégorique sur le fait de ne pas retenter, mais j'oscille constamment entre l'envie d'un 3ème enfant et la peur de la concrétiser. Entre l'idée que ma famille n'est pas complète sans lui et que je suis déjà plus que riche d'avoir ma biscotte et ma loupiotte. J'oscille entre le coeur et la raison....

Et vous avez-vous connu ça?





16 commentaires:

  1. Je n'ai pas connu ça : j'ai toujours voulu avoir deux enfants, même si je pense quelquefois qu'un petit troisième, pourquoi pas, comme toutes les femmes. Je n'ai pas de conseils à te donner, je te dirais juste ceci : si cela doit être, cela sera.

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    1. C'est ce que je commence à me dire, je me laisse quelques semaines pour y réfléchir...Merci pour ton message!

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  2. Je pense que si j'étais enceinte d'un troisième enfant, je serais aussi toujours dans le doute d'avoir fait une bêtise. Laissez vous un peu de temps. J'espère que tu trouveras bien vite la solution ( mais tu sais une fois qu'il est là , je crois que c'est comme il avait toujours existé ).
    Sinon, moi j'ai peur d'avoir encore un garçon ;)

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    1. En fait j'aimerais en être directement à l'étape où il est là! Pour ne pas passer par toutes ces phases d'angoisse.
      Merci Florence!

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  3. Je me suis doutée qu'il s'agissait de ça suite à ton commentaire chez moi... Et je suis sincèrement désolée pour toi/pour vous. Ton angoisse n'était sans doute pas anodine... Même si on l'est toujours un peu lors d'une grossesse... Laisse-toi du temps. Le temps d'avoir à nouveau envie... ou pas. Je t'embrasse

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    1. Oui peut-être que j'avais ces angoisses parce que quelque part mon corps savait que quelque chose n'allait pas??? Je vais me laisser ce temps. Merci beaucoup Pauline.

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  4. Je suis vraiment désolée pour toi, je ne savais pas...
    En même temps, je comprends que tu puisses quelque part être soulagée. Un nouvel enfant, c'est quand même un grand chamboulement, surtout le 3ème qui me semble le plus "dur" après le 1er : changer de voiture, avoir une grande maison... et plus assez de mains pour tenir tous les enfants à la fois... Et la grossesse en soi, c'est un tel point d'interrogation...

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    1. Merci Kimie. En fait ce n'est pas le fait d'avoir un quotidien chamboulé par un nouvel enfant qui me fait peur, mais la crainte d'avoir un bébé malade ou handicapé. Je n'avais pas eu ces craintes jusque maintenant et elles me tombent dessus, comme ça...

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  5. Je connais ça, on a longtemps hésité pour la micro monstrouille, pour les mêmes raisons que toi grosso modo. Puis j'ai dis un mois: on fait un essai (on a reçu une boite coquine le jour qu'il fallait gagné chez Maman anonyme, prenons le comme un signe hihi), dix jours plus tard je changeais déjà d'avis me disant qu'à 4 on était très bien qu'on restait comme ça, 5jours plus tard je voyais que j'étais enceinte.
    Pas surprise car je suis toujours tombée enceinte très facilement, et puis une fois le bébé là bah plus trop de questions à se poser, au début c'est un peu flippant, puis au fil de la grossesse on s'habitue à l'idée et on l'aime cette idée et tout va bien :)
    quand la micro monstrouille sera là, je ne doute pas de me dire que j'ai été folle d'avoir hésité (et des fois que j'ai été folle de la faire lol non je plaisante!).
    Bref, c'est normal que ce soit stressant, ça reste un gros changement alors ça me parait normal de questionner et douter :)

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    1. Et bien quelle anecdote! C'est marrant ça!! Oui quand le bébé est là on ne se pose plus de questions, mais là vraiment je me torture l'esprit avec toutes ces peurs qui me viennent... En tout cas ça me rassure de lire que tu as connu à peu près la même chose, merci pour ton commentaire Marion!

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  6. Pas simple...
    En ce qui me concerne, je pense au troiz sans doute parce que L'Homme dit non, esprit de contradiction;)
    Plus sérieusement, il n'y aurait pas 9 mois d'angoisses et des perspectives de manque de sommeil, je n'hésiterais pas 2 minutes...

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    1. Voilà les 9 mois d'angoisse, c'est ça qui me parait insurmontable. Et pourtant pour les 2 autres grossesses je n'ai pas connu ça. Merci Cétoile!

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  7. Ton article me parle. Non pas que j'aie eu à surmonter une fausse-couche mais je me pose à peu près les mêmes questions que toi quand j'envisage de faire un 2ème.
    J'ai arrêté ma pilule fin août et depuis ... rien : ni règles, ni grossesse. Parfois je me surprends à espérer fortement que je suis peut-être enceinte, et à d'autres moments j'ai une bouffée d'angoisse quand je pense à tout ce que cela changerait dans nos vies.
    Mais quand j'y repense, avant le 1er j'avais déjà des angoisses : sur la grossesse (et toutes les incecrtitudes qui vont avec pendant 9 mois) et sur mes capacités à élever un enfant. Et finalement je ne reviendrais pas en arrière, pour rien au monde.
    Quoi qu'il en soit je te souhaite beaucoup de courage et je suis sûre que d'ici quelques semaines ou quelques mois tu y verras plus clair dans tout cela ! :-)

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    1. Merci!! C'est exactement ce que j'ai vécu: l'espoir d'avoir ce bébé, puis des bouffées d'angoisse, complètement irraisonnées. Et toi quoi de neuf depuis ton commentaire? A nouveau tes règles, ou bien un début de grossesse?

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    2. Est-ce que c'est parce qu'en "vieillissant" on prend davantage conscience des dangers de a vie qu'on se met à avoir des peurs comme ça alors qu'avant on ne pensait pas à tout ça?
      Pour moi rien de neuf en tout cas. Mes règles ne sont toujourd pas là. J'en suis au 56ème jour de mon cycle et mon dernier test date d'il y a 1 semaine (négatif bien sûr). Mais j'attends encore au moins 1 semaine avant d'en refaire un ( c'est quan même cher en plus !) et si c'est encore négatif je passerai un coup de fil à ma gyneco.
      A suivre donc...

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    3. Ca doit être dur d'attendre comme ça :-(
      Sinon pour ce qui est d'avoir plus peur en vieillissant, tu as peut-être raison. Même si au fond de moi j'ai toujours eu cette crainte, là elle s'est décuplée...

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