lundi 7 mars 2016

La période du "Non!"

Elle est en général associée à la période du terrible two (qui précède l'horrible three).
C'est le moment où les enfants comprennent qu'ils peuvent dire "Non" et ils ne s'en privent pas.
Sauf qu'aujourd'hui c'est de moi dont je vous parle.

Bien sûr ça fait plus de 30 ans que je sais dire non. Et je l'ai dit des milliers de fois.
Mais souvent avec une petite pointe de culpabilité. En ayant l'impression que je devais me justifier.
Je sais que ça vient notamment de mon problème de "décalage". A force de croire que je devais faire comme les autres, j'en étais arrivée à ne plus savoir moi-même ce que je pensais vraiment. Comme si mes arguments étaient vacillants et que, QUAND MEME, je pouvais bien prendre un peu sur moi pour faire l'effort qu'on me demandait.

Depuis que je connais mon mari, ça s'est amélioré.
Depuis que je suis maman encore plus. J'ai beaucoup plus confiance en moi.
Et depuis quelques mois un déclic encore plus franc a eu lieu.

J'ai essayé une fois de dire "non" en m'empêchant moi-même de me justifier. Ca a marché.
Alors, tel un enfant qui découvre ce pouvoir, j'ai recommencé.
Et ça a marché à nouveau.


Source


J'ai dit à la maîtresse de ma Biscotte que je n'étais pas d'accord pour la punition qu'elle avait eue (elle était allée au coin, parce qu'elle avait dit à sa copine, contre qui elle était en colère, qu'elle ne l'inviterait pas chez nous.)

Récemment je me suis opposée à 3 dirigeants de ma boîte. Je n'étais pas d'accord avec leur décision (qui avait des répercussions sur mon travail), j'ai été invitée à prendre la parole, alors je ne me suis pas privée. "Aggie êtes-vous d'accord?" 
"NON"
Un NON clair, ferme, un non qui affirmait combien j'étais sûre de ma réponse. 
Bien sûr, là, il a fallu que j'argumente.
Je sais très bien que ma réponse leur importe peu, que leur décision était déjà prise. Mais au moins j'ai dit ce que je pensais.

J'ai redit "NON" cette semaine à mon chef. 
Il me demandait de changer de bureau, pour laisser le mien à quelqu'un, d'un autre service, qui a besoin d'un point de chute de temps en temps.
En 7 ans j'ai changé 3 fois de bureau. Notre service devrait disparaitre d'ici la fin de l'année, et normalement je vais changer de poste  et de service dans les mois qui viennent. Il y a des bureaux qui sont déjà vides dans le bâtiment. Non vraiment il y avait d'autres solutions pour accueillir cette personne que de lui laisser mon bureau.
Alors j'ai dit "NON".
Juste "NON". Un NON clair et ferme, et en gardant pour moi mes arguments qui tenaient la route. Je savais que ce n'était pas un caprice de ma part. 
Et ça a marché.

Et hier j'ai fait un pas de plus.
C'était un repas en famille. Il y avait un sujet qui me restait en travers de la gorge (ma belle-soeur qui transporte les enfants en ne les attachant pas comme il faut). Je ne l'avais encore pas revue depuis cette histoire, donc pas pu lui en parler. Et ma Loupiotte n'arrêtait pas de nous répéter qu'elle souhaitait qu'on lui en parle.
Alors j'ai amené le sujet. Calmement. Sans accusation. Pour au moins savoir si sa version correspondait à celle de mes filles. Je n'ai pas eu le temps de terminer ma phrase, que ma BS était déjà partie en vrille. Elle est très cash. Mais j'ai tenu bon, sans m'énerver et SURTOUT sans me dire que je n'aurais pas dû évoquer le sujet. Parce que j'étais convaincue de ce que je faisais.
La fin du repas a été un peu tendue, je déteste les conflits, mais je me suis sentie très bien.

Et même fière de moi....










5 commentaires:

  1. Il vaut savoir s'affirmer! Tu as eu raison de dire NON!

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    1. Une fois qu'on s'y est mis ça vient tout seul ;-)
      Avant je n'acceptais pas tout et n'importe quoi, je savais me préserver, mais c'est vrai que j'avais très peu tendance à m'affirmer. Je contournais le problème plutôt que de dire "NON" franco.

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  2. C'est l'heure de la rébellion, mmmh ?

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    1. Oui je fais ma crise d'adolescence avec 20 ans de retard!!

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  3. Bravo !
    Même à presque 36 ans, j'ai encore parfois du mal à dire non ...

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