mardi 29 novembre 2016

Les mots que l'on dit

Je prends de plus en plus conscience du poids des mots.
Je fais très attention à la façon dont je m'adresse à mes enfants.

Sans que l'on s'en rende compte nous pouvons avoir des tournures de phrases maladroites, qui peuvent heurter, provoquer de l'incompréhension.
Je me souviens de phrases que l'on m'a dites, petite, et qui m'ont blessée, alors que pour les adultes qui les ont prononcées, elles ne devaient pas être très importantes. Aussitôt dites, aussitôt oubliées. Pour eux.
 
Alors je fais attention. J'essaie de ne pas utiliser l'ironie, de ne pas porter de jugement, de parler clairement et calmement. 

C'est facile en situation "normale".
Mais quand on est fatigué, face à un enfant qui râle ou qui pleure a priori "sans raison" c'est autrement plus difficile.

C'est ce que je croyais. En tout cas c'est ce que je ressentais.

Mais petit à petit, à force de lire des articles sur le sujet, de creuser ce thème, j'ai compris qu'avec de la persévérance on pouvait se faire entendre et comprendre sans entrer dans le jeu de celui qui râle le plus fort (ça marche aussi avec les adultes!)

J'ai tenté cette méthode un jour où je devais acheter des chaussures à mes filles. Il faisait chaud, il y avait du monde, elles commençaient à être tout feu tout flamme,.... Je voyais autour de nous plein d'enfants qui soufflaient, qui boudaient, des parents exaspérés qui râlaient, qui menaçaient de punition,...
J'ai réfléchi, j'ai expliqué à mes filles que je comprenais qu'elles en aient marre, que moi aussi je ressentais cela. Que j'aimerais leur dire qu'on allait repartir tout de suite, mais qu'il fallait acheter des nouvelles chaussures aujourd'hui, car les autres jours je n'aurai pas le temps d'aller dans les magasins.
Je leur ai proposé de trouver une façon de rendre ce moment plus agréable. Et nous avons décidé tout simplement de garder notre bonne humeur.
Nous avons trouvé des chaussures rapidement, et en prime nous avons passé un bon moment.

Une autre fois j'étais face à une petite Biscotte qui s'est mise à râler d'un coup. Je sentais que je ne pourrais pas dialoguer avec elle. Alors, sans trop réfléchir, là où en temps normal j'aurais pu lui dire qu'elle m'énervait à râler ainsi, je me suis baissée à sa hauteur, je l'ai prise dans mes bras et je lui ai demandé "qu'est-ce qui ne va pas, ma chérie?". Elle a fondu en larmes et m'a dit pourquoi elle n'était pas contente, nous avons pu avoir une petite discussion et tout est rentré dans l'ordre rapidement.

Et ce soir encore j'ai pu mesurer l'importance des mots et de la façon de les dire.
Après la douche ma Biscotte a pleuré (je ne sais pas pourquoi... la fatigue? elle s'est fait mal?). Des torrents de larmes qui paraissaient impossible à arrêter. Je me suis baissée une nouvelle fois et lui ai demandé calmement si je pouvais faire quelque chose pour l'aider. Elle m'a dit "oui un gros câlin et un bisou". C'est ce que j'ai fait et les pleurs se sont arrêtés immédiatement. J'ai compris qu'il aurait été parfaitement inutile de lui demander d'arrêter ou de lui montrer que c'était énervant.

Alors je tâtonne encore sur la façon de dire les choses, mais je crois que je suis sur la bonne voie! (voix)


1 commentaire:

  1. Depuis quelques temps aussi, je me rends compte du poids des mots. Aussi bien les mots que j'ai pu entendre de la bouche de mes parents quand j'étais enfant (et que j'entends de nouveau adressés à mes enfants. Je n'aime pas ça d'ailleurs), que les mots que je leur dits, les mots que leur père leur dits... Bref, c'est difficile de faire attention à la façon dont on parle à nos enfants, mais tellement gratifiant quand on se rend compte qu'on a pu éviter une crise !

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