jeudi 24 juillet 2014

Qu’il fait bon se raconter des faits divers…

Je hais.
Je déteste.
Cette sale manie de toujours commenter les faits divers.

On se fait peur. Ouhhhlala oui alors ça fait frissonner de se dire que ça pourrait nous arriver. D’ailleurs dans la discussion il y aura toujours quelqu’un pour l’affirmer avec un air soit horrifié, soit résigné « et dire que ça peut tomber sur n’importe qui ».
Et toujours quelqu’un pour ajouter que « ça doit être terrible ».
Comme s’il y avait un doute à avoir sur l’atrocité de la chose.

Et puis une fois qu’on s’est fait quelques sueurs froides, qu’on s’est imaginé l’espace d’un instant à la place des gens concernés, qu’on a sorti tous les clichés, les lieux communs et les phrases toutes faites se prêtant à la situation, qu’on est tous tombé d’accord sur le fait que oui c’est horrible, terrible, que ça fait de la peine, ben on passe à autre chose. En laissant les victimes et leurs proches là où elles sont, à la une du journal. Loin de notre quotidien et de nos préoccupations. Au fait tu vas où en vacances ?


Source



Ma collègue est championne sur le sujet.

Je ne supporte plus.

Je ne peux plus supporter.

Ce matin encore, pendant la pause café, alors que je plaisantais sur je ne sais plus quel sujet complètement futile avec mes collègues : « Au fait Aggie, t’as vu les enfants qui sont morts dans un accident de minibus ? c’est terrible hein…..ouhlala…. ah Jean-Paul, tant que j’y pense, j’ai reçu ta nouvelle agrafeuse tu pourras passer à mon bureau la chercher…. »

Ca rime à quoi ? cette petite phrase placée entre deux banalités c’est pour se donner bonne conscience parce qu’on a plaint les familles l’espace de quelques secondes ? ou pour se faire une petite montée d’adrénaline comme quand on regarde un film d’horreur ?

Plus ça touche des enfants, plus ils sont petits, plus c’est « intéressant ».
Mais où est la décence là-dedans ? Pour moi ce n’est que du voyeurisme et de l’INdécence justement.
Attention ça ne marche pas avec les enfants victimes de la guerre ou de la famine. Il faut qu’on puisse s’identifier sinon ça compte pas.

Je vous ai dit que ma collègue est championne ? J’ai oublié de préciser qu’elle est ex aequo avec belle-maman.

« T’as vu la petite de 2 ans qui s’est noyée dans la piscine de son jardin ? C’est horrible hein ? En plus il parait que c’est une PETITE piscine gonflable. Je te ressers du café ? »

Et il y a 2 semaines juste devant les oreilles de ma loupiotte « t’as vu l’instit qui a été TUEE à l’ECOLE ? » et pendant que son fils (mon mari donc) était en train de la trucider (au sens figuré, sinon ma collègue en aurait parlé au café), la loupiotte inquiète qui demande « quoi maman, il y a quelqu’un qui a été tué à l’école ? ».

Flutain si j’étais concernée par le sujet, ça me ferait mal qu’on parle de ma douleur, de celle de ma famille, comme ça entre la poire et le fromage, comme on parle de la météo.

C’est bien de se faire peur pour ensuite retourner à sa petite vie tranquille. Mais les gens concernés, eux, ils font quoi?


Extérioriser le fait divers qu’on vient d’entendre parce que ça nous fait une peine immense, parce que ça nous retourne les tripes, parce que cela concerne des gens que l’on connaît, c’est tout à fait compréhensible. 
Mais là c’est juste de la vulgarité.  

mercredi 16 juillet 2014

L'art de Zhao Jianqiu

Depuis mes 5 ans je suis fan de l’art asiatique. 
Dessins, tableaux, sculptures, calligraphies, estampes,…. peu importait le support, j’étais déjà fascinée par la pureté des traits, par la grâce qui émane de ces œuvres.

Il y a (déjà) 10 ans j’ai eu la chance de partir en voyage en Chine. J’y ai retrouvé toute l’émotion qui m’étreignait quand j’étais petite et que je découvrais cet art. Mais une émotion décuplée par le fait de voir, de vivre, cet art dans son contexte. J’aurais pu passer des journées entières à contempler les paysages ou à admirer tous les détails, si parfaits, de la Cité Interdite.

Bref l’art chinois, on peut dire que « ça me parle ».

La semaine dernière, le Carrousel du Louvre est devenu, pour quelques jours, l’écrin des œuvres de Zhao Jianqiu



En effet, à l’occasion de France-Chine 50, Europe-China Culture & Economy Commission y a exposé les toiles de ce grand artiste Chinois, peintre mais aussi académicien et professeur à l’Université de Zhejiang.



Paris était la première étape de cette exposition itinérante. Le vernissage a eu lieu mardi 8 juillet et a permis aux invités d’admirer la poésie, mais aussi la finesse mêlée à la force que dégagent ces paysages peints à l’encre de Chine. Zhao Jianqiu est le spécialiste de l’art champêtre. 






Evénement : Exposition itinérante de la Peinture Chinoise de ZHAO JIANQIU au Carrousel du Louvre
Première étape : Paris suivi de plusieurs pays : Italie (Rome), Belgique (Bruxelles), Etats-Unis (New York), Allemagne (Berlin), etc.
Organisation : Commission Europe - China et Jinlise Culture & Communication. 
Presse : Agence Médiane : www.agence-mediane.com


partenariat avec l'Agence Médiane

jeudi 3 juillet 2014

Se découvrir soi-même en observant son enfant

Elle dessine tout le temps.
Des châteaux, des princes, des princesses. Beaucoup de princesses.
Des ogres, des maisons, des crocodiles, des jardins extraordinaires.

En prenant modèle sur quelque chose. Ou en puisant dans son imagination.

Son imagination, justement, elle est débordante.

Elle s'invente des histoires.
Des tas d'amis imaginaires, qu'elle fait cohabiter avec ses copains réels.
Elle a l'art de détourner les objets.

Un bout de ficelle devient un bijou.
Une fleur se transforme en parapluie pour sa poupée.
Un caillou, en trésor. Elle utilise les objets du quotidien pour le rendre plus beau.

Partout elle ajoute sa touche.
J'ai l'impression que c'est viscéral. IL FAUT qu'elle ajoute sa touche.

Même dans sa façon de vivre. Dans sa façon d'être.

« C'est une artiste, une créative » qu'on nous a dit. A la crèche. A l'école. A la danse. Au centre aéré. Au périscolaire. Chez l'orthophoniste. Dans la famille. Chez les amis. Oui, une créative.

Il FAUT qu'elle crée.

On nous l'a dit mais ça fait longtemps que nous l'avions remarqué.
De qui "tient-elle" cela? me suis-je demandé.





Et puis d'un coup j'ai réalisé que cela venait peut-être de moi, de mes gênes, de mon inconscient.
Oui de moi, sûrement, sans doute.

Oui moi aussi j'ai un esprit créatif.

J'ai mis du temps, longtemps, des années, avant de remarquer que moi aussi je fais différemment.
Je vois les choses différemment, je comprends les choses différemment.

Je ne fais pas différemment exprès. C'est comme ça. C'est ce qui vient de moi. Ce qui sort de moi.
Je ne suis pas très douée pour les arts manuels, mais ça ne m'empêche pas de créer, d'inventer, de détourner des bouts de ficelle pour en faire autre chose.
« Elle a une imagination débordante » c'est aussi ce qu'on disait de moi, quand j'étais petite.

Et c'est en observant ma loupiotte que j'ai réalisé que c'était vrai.

 Vous aussi vous vous découvrez en observant vos enfants?