lundi 29 février 2016

La douche

Je suis une créative, une imaginative, une romantique.
J'ai besoin de beau, de douceur, de calme.
De moments à moi, SEULE. Quelques minutes pour me déconnecter.

Alors quand je prends ma douche le soir (quand je la prends le matin, je n'ai nullement le temps à ce petit rituel) c'est de ce petit moment dont je profite pour entrer dans ma bulle.

J'attends que les enfants soient couchés. Je veille à ce que rien ne traîne dans la salle de bain.
Je choisis une musique appropriée. J'allume des petites bougies pour une ambiance tamisée.
Je ferme la porte pour ne pas être dérangée (parce que c'est toujours dans ces moments-là que débarque mon mari pour, au mieux me dire "C'EST MOIIIIII!!!!!!!!" ou pour me parler de joints de carrelage).
Et je me glisse sous la douche brûlante.

Source


Hier soir je l'ai fait. J'attendais ce moment de bonheur après un week-end de tri et rangements de la pièce qui va me servir de bureau (Fedora j'ai beaucoup pensé à toi) et de réaménagement de la chambre de la Biscotte.
Les filles étaient couchées. La maison rangée. Les affaires prêtes pour le lendemain et mon mari enfermé aux toilettes avec son bouquin.

J'ai allumé mes petites bougies, verrouillé la porte, choisi "Bed of Roses" de Bon Jovi, et me suis glissée sous l'eau bien chaude.
BONHE.....BOUM!
(ça c'est le bruit de mon mari qui vient d'essayer d'ouvrir la porte) (mon mari est un bourrin).

Je sursaute. Et me félicite d'avoir fermé la porte à clé.

TOC TOC TOC! TOC TOC TOC!
"Chériiiie, chériiiiie, t'es sous la douche????"
Flûtain de flûtain de flûtain de Grrrrrrrr.

"OUI! P-O-U-R-Q-U-O-I????"

"Y'a 2 sacs poubelles à sortir, c'est ça?"



Notre couple en une vidéo




lundi 22 février 2016

Sa rose

Le jour de la saint-Valentin, nous sommes allées au marché, ma Loupiotte et moi.
La fleuriste vendait de belles roses.
Ma Loupiotte avait pris son porte-monnaie. Elle aime bien emporter son porte-monnaie. On ne sait jamais, si jamais quelque chose lui fait envie.

Et les belles roses lui ont fait envie.
Elle m'a demandé si elle pouvait en acheter une.
Il restait 4 roses sur le stand. Elle les a regardées attentivement et en a choisi une. SA rose.
Elle a fouillé dans son porte-monnaie et en a sorti 3 pièces d'un euro, qu'elle a tendues fièrement et timidement à la fleuriste.
La vendeuse lui a demandé laquelle elle souhaitait, elle lui a montré celle qu'elle avait choisie.
Celle qui paraissait semblable aux 3 autres, mais qui a ses yeux était déjà différente.



Elle l'a portée bien consciencieusement jusqu'à la maison.
Mes vases étaient soit trop petits, soit trop gros pour cette rose, alors j'ai nettoyé une bouteille en verre, elle-même placée dans un vase pour que ma Loupiotte puisse y mettre des perles de décoration.
Elle a ensuite collé 3 étiquettes.
"de Loupiotte"
"Rose"
"changer l'eau 1 jour sur 2"

(pour que mes parents n'oublient pas de changer l'eau, lorsque nous partirons en vacances.... cet été)

Depuis, tous les matins elle se précipite pour l'admirer.
Et elle change l'eau un jour sur deux.

Sa rose a l'air d'apprécier autant d'attention, puisqu'une semaine plus tard elle est quasiment toujours aussi jolie.

mercredi 10 février 2016

Etre mère, c’est faire de la pâtisserie… pour rien.



J’ai un problème : je ne sais pas dire non. Enfin si. Mais non.
J’ai un 2e problème : je m’enthousiasme pour pas grand-chose.
J’ai un 3e problème : je surestime le temps qui m'est disponible.

Bref.

Quand il y a un mot dans le cahier de liaison de l’école/ un papier de la prof de danse/ un tract de l’association des parents d’élèves/ un mail de voisins demandant QUI veut bien se porter volontaire pour apporter une pâtisserie pour le gala de danse/ la fête de la crèche/ la kermesse/ la fête des voisins, je réponds invariablement :
OUIIIIIIIII MOIIIIIII JE VEUX BIIIIIEN !!!!!!

Et c’est comme ça qu’il y a deux je me suis retrouvée à préparer, en l’espace de quelques jours :
2 gâteaux pour la 1ere partie de l’anniversaire de la Biscotte (cet ancien article explique bien mon problème)
2 gâteaux pour la 2e partie
1 gâteau pour la kermesse
1 gâteau pour la fête de la crèche
1 gâteau pour le gala de danse

(Excellente idée d’avoir une Biscotte née en juin)

Mais je le fais. Et le problème c'est qu'à chaque fois je ne peux pas m'empêcher de préparer un truc original, genre rainbow cake (enfin si on traîne beaucoup sur les réseaux sociaux, ça ne parait plus trop original), mais comme je ne suis pas hyper douée, ça me prend un temps de dingue.

Mais parfois je me décarcasse pour rien.

L’année dernière, quand ma Loupiotte était au CP, son instituteur avait mis un mot dans le cahier de liaison, pour demander si des parents étaient volontaires pour apporter une galette à l’école.

Evidemment j’avais dit OUIIII !!!!
Je me fais grâce de réécrire le déroulé de mes tergiversations pour trouver une chouette fève, etc… mais sachez que la galette s’est perdue entre le bâtiment du périscolaire et l’école. Oui c’est possible. J’avais d’ailleurs lancé un avis de recherche.


La semaine dernière la maîtresse de ma Biscotte avait demandé si des parents voulaient bien préparer des beignets pour le carnaval qui avait lieu vendredi.

Evidemment j’avais dit OUIIII !!!!
Jeudi j’étais en récup. J’ai passé mon après-midi à préparer des beignets (j’ai choisi une recette de beignets au four, la recette est plus longue que celle que je fais habituellement). J’en ai profité pour préparer plus de pâte, pour en apporter à mes collègues.
(Mais j’ai fait un peu trop cuire la 2e fournée, donc ils n’en ont pas eus.)

Vendredi matin j’ai déguisé ma Biscotte en petit chaperon rouge et j’ai glissé une boîte de beignets dans son petit panier.

Le soir quand elle est rentrée j’ai vu qu’il en restait 2.
« Ah vous n’avez pas mangé tous les beignets, les mamans en avaient préparé trop ? 
_ Oui j’avais plus faim. »

Hum ? Pourquoi « je » ?
« Mais tu avais donné la boîte à ta maîtresse ?
_ Non pourquoi ? »

OK ! En interrogeant un peu plus longuement ma Biscotte pour en avoir le cœur net, j’ai eu confirmation de ce que je craignais.

Elle n’avait pas bien compris le principe, et avait cru que la boîte de beignets c’était pour SON goûter.
Elle en a quand même filé 2 ou 3 à des copains et a mangé tout le reste… enfin sauf les 2 sur lesquels elle a calé….

Allez, pour la peine je vous gratifie (parce que ça m'a pris un temps de dingue) la photo des petits gâteaux que j'avais préparés pour le carnaval du village samedi.


Tous les mercredis c'est le RDV "Etre mère" chez Babidji 


 

mardi 9 février 2016

Dépasser du cadre



J’ai toujours voulu me fondre dans la masse, être comme tout le monde, mais à chaque tentative je sors du cadre.

Déjà enfant, je n’y arrivais pas. J’ai toujours été grande et j’ai donc toujours dépassé mes camarades d’une tête. Il a fallu attendre le lycée  pour que je me sente moins hors norme.
Et comme si ça ne suffisait pas j’ai eu de l’acné bien avant les autres (mais j’en ai été débarrassée plus tôt aussi).
Je ne rentrais pas dans le moule non plus avec ma famille pas comme les autres et surtout mon frère pas comme les autres. Pas d’insouciance, une atmosphère de plomb à la maison et pas de vacances. Je me souviens du prof de SVT au collège qui, le dernier jour de classe, demandait à chacun où il partait. J’étais la seule à rester là et quand mon tour est arrivé j’aurais voulu me terrer dans un trou de souris. Pas par honte de ne pas aller en vacances, mais parce qu’à 13 ans on ne veut pas être la seule à être différente.

Puis j’ai fait des études. Des études où il y a très peu de filles. Nous devions être 15 sur 140. Et on se demandait souvent ce que je faisais là cette grande blonde aux cheveux longs (moi aussi d’ailleurs) (mais ça n’a pas empêché de passer des années géniales, j’ai adoré la période étudiante).
D’ailleurs à ce sujet j’ai été convoqué par le proviseur de mon lycée, j’étais la seule terminale dans ce cas. Parce qu’il avait été interpellé par mon choix d’études et il se demandait si j’étais bien consciente d’où j’allais mettre les pieds. (en fait non je n’en étais pas consciente, coucou le conseiller d’orientation incompétent).


Source

Malgré toute ma bonne volonté, j’ai toujours fait différemment des autres.
Combien de fois ai-je entendu « et forcément il y en a une qui n’a pas fait comme les autres : Aggie » ? Je n’en sais rien.
Celle qui passe par un autre raisonnement pour résoudre un problème, qui comprend une histoire différemment, qui apporte des arguments inattendus dans un texte à expliquer, c’est moi.


Ma vie résumée en une photo. (Source)
 
Mais je suis aussi celle à qui il arrive toujours des choses insensées.
Mes copains mes charriaient souvent à ce sujet. Une fois il y en a un qui m’a dit en riant « mais c’est pas possible, tu vis dans une BD ou quoi ?!! »  Ce n’est pas de ma faute, c’est toujours comme ça.

Parlons des petits boulots. Qui a été embauché pour coller des affiches de Chippendales ou pour être tortues-sitter ? hein ? Ben voilà. Promis ce n’est pas moi qui suis allée chercher les jobs les plus fantaisistes qui existent, ce sont eux qui sont venus à moi.

Qui a été harcelée (gentiment, heureusement) par un prétendant étrange qui faisait des choses bizarres pour attirer son attention ? Moi.

Qui a été harcelée (au téléphone et gentiment encore une fois) par un étudiant persuadé que j’étais celle qu’il avait aimée quelques années plus tôt ? On avait le même prénom et le même nom passe-partout. Même mon mari n’arrivait pas à le convaincre que je n’étais pas celle qu’il recherchait.

Et des histoires rocambolesques, j’en ai à la pelle.

Les bébés ? Pareil ! La Loupiotte est née avec un mois d’avance, mais déjà tout plein de cheveux. A la maternité elle avait été emmenée à la nurserie pour un examen, quand nous sommes allés la rechercher, seule chevelue parmi un tas de bébés chauves, mon mari m’a regardée et m’a dit « quand on s’est rencontrés, tu m’avais prévenu que tu ne faisais rien comme tout le monde… je ne pensais pas que ça irait jusque-là ».
Et la pédiatre, la 1ere fois qu’elle l’a vue, s’est marrée.
A la crèche, lors de la visite préalable, la directrice m’a dit «  c’est la 1ere fois de ma carrière que je dis ça, mais faudra couper les cheveux de votre Loupiotte, car les barrettes et les élastiques sont interdits dans la section des bébés ». A 2 mois (et donc à 1 mois réel, si elle était née à terme) je devais déjà lui attacher les cheveux pour qu’ils ne lui tombent pas dans les yeux.

J’ai l’impression que plus je me cantonne à être comme tout le monde, plus je dépasse du cadre.

Et c’est encore le cas dans mon travail.
Dès que j'ai été embauchée, je me suis fait remarquer sans faire exprès. Tous les jeunes embauchés que nous étions devions rédiger un rapport sur ce qui nous avait étonnés depuis notre arrivée. Le directeur m'a convoquée dans son bureau. Apparemment je n'avais pas été étonnée par les mêmes choses que les autres, et cela l'intéressait qu'on en discute.

15 ans plus tard, je suis toujours dans la même entreprise, mais mon CV ne ressemble plus à grand-chose, mon parcours est atypique (tiens donc!). On vient encore de me dire que je ne rentre dans aucune case. Ca tombe bien je ne me sens pas bien dans les cases, j'y étouffe.

Alors autant maintenant j'assume ma différence, autant ça devient compliqué au niveau professionnel.

C’est grave docteur ??

Et vous, vous rentrez dans les cases?

vendredi 5 février 2016

Les petites attentions de mes filles

Je suis une maman chouchoutée. Je reçois plein de bisous, plein de câlins.
On m'offre des dessins, des pissenlits, des pâquerettes sans tige, des petits cailloux.
Et ça me fait toujours tellement chaud au cœur d'être le centre de ces attentions.

Il y a quelques jours ma Loupiotte est rentrée de l'école avec un grand sourire, m'affirmant qu'elle avait quelque chose pour moi. Elle a posé son cartable (je n'avais pas encore roulé dessus), l'a ouvert, m'a dit de fermer les yeux, puis de les ouvrir.
Elle me tendait un livre de la bibliothèque rose: Fantômette.

Son instituteur venait de faire du tri dans la bibliothèque de la classe et avait préparé une pile de livres en très mauvais état et qu'il voulait jeter.
Ma Loupiotte y a repéré celui de Fantômette et lui a demandé si elle pouvait le prendre pour me le donner, car quand j'étais petite j'aimais bien lire les aventures de Fantômette.
Elle s'est dit que ça me ferait plaisir.



Alors grâce à ma Loupiotte, grâce à cette petite (grande en fait!)  attention, le temps d'une centaine de pages, je retourne en enfance.

Merci ma chérie!

mardi 2 février 2016

L'esprit de compétition ça doit être héréditaire....



Mon mari a un esprit de compétition très très développé.
Mais heureusement, il n’est pas mauvais joueur (ouf, je ne supporte pas ça).
Il donne tout pour gagner. Je comprends quand il s’agit d’un match de foot ou de tennis.
Mais imaginez quand c’est lors d’un jeu ridicule à un mariage… Suffit qu’il trouve un concurrent du même acabit et hop c’est bon, l’animation est faite ! Mais faut écarter les enfants de son passage, parce que dans ces cas-là, c’est bien simple : il ne les voit même pas !

Ma Loupiotte, elle, ne supporte pas de perdre. Elle aime jouer, mais si elle se met d’office en tête qu’elle va perdre, elle ne veut pas participer. Par exemple l’autre jour elle était invitée à l’anniversaire d’une copine et il y avait un jeu du style « scrabble ». Comme ma Loupiotte est au CE1 et que tous les autres enfants étaient au CE2, elle s’est dit qu’elle ne pourrait pas gagner et donc elle a préféré ne pas jouer.
En général elle aime bien s’affronter à sa petite sœur, mais pas aux enfants de son âge (pas folle la guêpe).

Ma Biscotte suit à peu près la même voie. Sauf qu’elle, elle s’imagine toujours qu’elle peut gagner. Donc si sa sœur lui propose de faire la course, elle va dire OK, sans se dire qu’elle n’a aucune chance de la battre. Mais pendant la course, elle va abandonner, dès qu’elle aura pigé qu’elle va perdre.
L’an dernier à la baby-gym quand ils jouaient au loup, elle était à fond dedans. Et gagnait quasiment à chaque fois, même contre les plus grands.

Et au milieu de cette famille, il y a moi, et je n’ai absolument aucun esprit de compétition ! J’aime le sport, mais en loisirs, pour s’amuser (c’est peut-être pour ça d’ailleurs que je n’ai absolument rien gagné pendant ma carrière de sportive).

Source


Samedi soir nous avons fait une grande fête avec tous notre lotissement. C’était très sympa. Et la voisine qui avait organisé cette soirée avait prévu des jeux. Dont un blind test. Ca c’est LE kiff de mon mari. Il trouve tout dès les 1eres notes (en particulier les chansons dont plus personne ne se souvient). Pour faire valider la réponse, il fallait courir s’asseoir sur une chaise au milieu de la piste.
Mon homme s’en est donné à cœur joie, piquant sprint sur sprint.
Mais à un moment donné il s’est fait piquer sa place, car il maîtrise beaucoup moins les chansons actuelles.
En effet à la 1ere note d’une chanson, une petite Biscotte de 4.5 ans qui passait à proximité de la fameuse chaise, s’est ruée sur celle-ci, levant sa main tout en hurlant
« C’est MARINA KAY !!!! ».

Et c’est ainsi que la Biscotte a marqué un point au blind test !

lundi 1 février 2016

La petite fille qui voulait s'appeler Joséphine



Ma Biscotte a une lubie depuis quelques semaines : elle voudrait s’appeler Joséphine.
Elle trouve que ce prénom est plus joli que le sien.
Joséphine.
Je ne sais pas du tout pourquoi elle a accroché sur ce prénom. Je me souviens que petite je voulais m’appeler Candy, ou Sarah, en référence aux héroïnes de mes dessins animés préférés.
Ma Loupiotte voulait s’appeler Cendrillon (souvenez-vous).
Mais Joséphine, je ne sais pas d’où ça vient.
Je lui ai demandé si c’était dans un livre ou un dessin animé qu’elle avait entendu ce prénom, elle m’a répondu non.
Elle ne connaît pas « Joséphine ange-gardien », ni Joséphine de Beauharnais.
Il n’y a ni Joséphine à l’école, ni à la danse, ni dans notre entourage.

Mais ce qui m’amuse, c’est que ce prénom figurait sur la liste de prénoms que j’avais proposée à son papa quand j’étais enceinte d’elle.
Il l’avait éliminé en raison de « Joséphine ange-gardien » justement.

Peut-être qu'à l’époque il était arrivé jusqu'à ses petites oreilles? :-)

Crédit photo: Aggie agit